Contrairement aux assurances habitation ou auto qui sont obligatoires, rien n’oblige les possesseurs d’animaux de compagnie à prendre une assurance pour leur santé. La confusion existe souvent avec l’assurance responsabilité civile qui correspond à la couverture prise contre des dommages causés par son animal à un tiers. Il faut savoir que cette assurance est toujours comprise dans le contrat habitation, à condition de signaler la présence de son animal à son assureur. Seule exception qui pose souvent problème : les chiens dits de catégorie 1 et 2 comme le Mastiff ou encore le Rottweiler (considérés à tort ou à raison comme dangereux, vaste débat…) sont souvent refusés par l’assureur habitation et les propriétaires se retrouvent alors dans l’obligation d’aller en chercher une ailleurs… Alors pourquoi il existe des assurances santé pour les chiens et chats, et dans quelle mesure il convient d’y souscrire ? Au moins 3 raisons peuvent être avancées pour justifier la souscription d’un contrat d’assurance santé pour son chien ou son chat :

1. Vous considérez votre compagnon à 4 pattes comme un membre à part entière de votre famille. Il ne vous viendrait pas à l’esprit de ne pas assurer la santé d’un de vos enfants ou de votre compagnon. Eh bien, pour votre chien ou votre chat, c’est pareil !

2. Il n’y a pas de Sécurité sociale pour les animaux. Vous aurez beau sortir votre Carte Vitale au moment de régler l’addition chez le vétérinaire, cela ne marchera pas ! Or, les frais vétérinaires sont de façon générale élevés et, en cas de maladie sérieuse ou d’accident, peuvent mettre facilement votre budget et vos économies à rude épreuve. Il faut savoir en outre que les tarifs vétérinaires sont appelés à augmenter encore significativement dans les années à venir, sous l’influence de deux facteurs principaux : l’utilisation croissante de techniques et matériels médicaux de plus en plus sophistiqués, donc coûteux, la transformation des structures vétérinaires en sociétés de capitaux, dont les objectifs de rentabilité sont généralement supérieurs à ceux d’un vétérinaire indépendant.

3. Une assurance santé peut sauver la vie de votre animal si vous devez accéder à des soins coûteux ; cette éventualité s’accroît au fur et à mesure que l’animal prend de l’âge et c’est là que l’assurance prend tout son sens : une fois assuré, l’animal l’est pour toute sa vie. Ça, c’est une tranquillité d’esprit sans égal. Dans les faits, beaucoup de propriétaires d’animaux, en particulier les primo détenteurs, font l’amère expérience de traitements très onéreux ou d’opérations ruineuses, et ce sont ces évènements qui sont souvent à l’origine des demandes de devis auprès des assureurs… Tant que tout va bien, l’immense majorité de propriétaires d’animaux continue de penser que c’est possible de “passer entre les gouttes”. La réalité statistique démontre pourtant l’inverse. Une étude menée aux États-Unis en 2016 auprès de 2,5 millions de chiens a dressé un panorama objectif des risques de santé associés à l’âge de nos compagnons à 4 pattes. Ainsi, le pourcentage de chiens sans problème de santé s’élève à : – 67 % entre 0 et 1 an – 29 % entre 1 et 3 ans – 11 % de 3 à 10 ans – 3 % au-delà de 10 ans Or, sans même parler de fractures ou d’accidents sérieux générateurs de frais à 4 chiffres, il est assez courant que les frais vétérinaires pour des maladies bénignes atteignent plusieurs centaines d’euros une fois les médicaments inclus.

Comprendre les 3 types d’assurance possibles

Pour dissiper toute confusion, il convient d’abord de s’accorder sur les 3 types de contrats d’assurance qui peuvent concerner vos animaux de compagnie et leurs objectifs respectifs :

1. l’assurance responsabilité civile : nous l’avons vu plus haut, cette assurance vise à vous couvrir contre des dommages que pourrait causer votre animal à un tiers mais nullement à vous couvrir pour ses problèmes de santé.

2. l’assurance accidents : elle va vous couvrir uniquement si votre animal subit une “atteinte traumatique de l’organisme provenant d’un événement soudain et imprévu”. Autant dire que c’est certes utile en cas de coup dur mais pas suffisant quand on sait que 75% des motifs de visites chez le vétérinaire concernent une maladie…

3. l’assurance santé maladies-accidents : appelée aussi mutuelle santé animale, c’est la formule qui se rapproche le plus de la mutuelle santé humaine, à la nuance près qu’il n’y a pas le socle de la Sécurité sociale pour en amortir le coût, ce qui rend son prix assez élevé et ses garanties moins universelles que pour nous les Humains. Autrement dit, dans tous les contrats d’assurance santé animale figurent des exclusions (pathologies congénitales, maladies pré-existantes, maladies évitables grâce aux vaccins). Il y a aussi un traitement différencié pour les soins dits préventifs ou de confort, qui ne sont ni une maladie ni un accident donc ne pouvant être considérés au sens de l’assurance comme un aléa. C’est pourquoi ces soins font l’objet de forfaits distincts et limités à l’intérieur des formules d’assurance (cagnottes de 30€ à 100€ consommables par an) et sont une source de malentendus fréquents entre assureur et assurés. Ce qu’il faut bien avoir à l’esprit, c’est que vouloir une prise en charge maximale de l’ensemble des soins, quand bien même l’assureur vous le propose, c’est forcément s’exposer à des tarifs très élevés, donc autant définir son besoin et ses objectifs à l’avance pour faire des choix raisonnables.

Les 3 paramètres clés de l’assurance santé animale

1. Le taux de couverture Exprimé en pourcentage, il s’applique aux frais vétérinaires en lien avec une pathologie ou un accident. Si par exemple, un contrat vous indique 70 % de taux de couverture, vous serez remboursé 70 € sur une facture de 100 €. Les frais couverts incluent : les honoraires du vétérinaire, les médicaments prescrits, les éventuels examens complémentaires et, en cas d’accident et de chirurgie, les coûts de l’hospitalisation. On peut estimer qu’une couverture entre 70 % et 80 % constitue un bon compromis, sachant que plus ce taux est élevé, plus la cotisation le sera aussi.

2. Le plafond de remboursements Exprimé en euros pour 12 mois, c’est la somme maximale que l’assureur peut vous rembourser. Certains optent pour un plafond global tous frais confondus, d’autres pour des plafonds par type de frais. Un plafond global compris entre 1500 € et 2500 € semble suffisant au regard des tarifs vétérinaires pratiqués en France. Là aussi, plus vous choisirez un plafond élevé, plus la cotisation le sera aussi.

3. La franchise C’est la somme que doit payer l’assuré avant de bénéficier de sa couverture. Elle peut être exprimée soit en montant à l’acte ou sur une période donnée, soit en pourcentage, ce qui en fait une notion délicate à comprendre pour l’assuré et clairement un motif de vigilance lors du choix de son contrat. Afficher 100 % de couverture et en même temps 30 % de franchise revient en fait à avoir un taux de couverture de 70 %…

Délais de carence et délais de remboursement à surveiller

1. Les délais de carence Afin d’éviter les souscriptions opportunistes, tous les assureurs appliquent des délais de carence, c’est-à-dire des délais entre la signature du contrat et la prise d’effet des garanties : ils sont généralement différents selon qu’il s’agit d’un accident, d’une maladie ou d’opérations chirurgicales à réaliser.

2. Les délais de remboursement Beaucoup d’assureurs affichent une prise en charge des dossiers clients sous 48 h. Très bien, mais dans la réalité, les remboursements dus aux assurés prennent plusieurs semaines. En cas de frais importants avancés au vétérinaire, la possibilité d’être remboursé très vite constitue donc un point de vigilance.

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